Le temps passe,
et au plus les jours s’égrènent,
au plus il file,
et l’âge avance, les rides se creusent.

Je voudrais pouvoir,
m’accrocher au temps ;
et comme pour une horloge,
un moment arrêter son mouvement.

Mais rien n’y fait,
et quoi que je fasse,
les aiguilles continuent,
à suivre leur progression.

Au début de la vie,
tout semble si lent,
et au contraire alors,
on voudrait accélérer son rythme.
 
Devenir adulte,
atteindre cette illusion,
qu’on appelle liberté,
devenir indépendant.

Pouvoir décider de faire de sa vie,
ce que l’on veut, ne dépendre de personne,
mais une fois arrivé,
tout s’accélère.

Alors au contraire,
on voudrait pouvoir saisir,
cette montre, qui inexorablement,
fait avancer les aiguilles, de plus en plus vite.

Mais rien n’y fait,
et ce qui,, au début paraissait des années,
au plus le passé s’amoncelle,
ressemble alors à des jours, puis des minutes.

Alors, la main se tend,
voudrait agripper cet engin maudit,
qui compte ce qui vous reste à vivre,
vous met face à vos erreurs et errances.

Le bilan d’une vie se trace alors,
avant l’arrêt de cette mécanique infernale,
qui nous ramènera un jour,
d’où on est venu.

Il arrive alors, en fin de parcours,
que les aiguilles ralentissent leur course,
la maladie ou l’handicap survient,
l’espoir se dissipe, la vie s’en va.
 
A petit feu, lentement maintenant,
elles tournent et de nouveau,
la main se tend, pour empêcher,
le calvaire d’une survie pénible.

Un jour enfin, à notre insu,
le tic-tac s’arrête,
la main se détend,
et s’arrête le temps.

Illustration : Nath Nlk
Texte : Eric de La Brume
Le 19 septembre 2019