A l’ombre de son violoncelle,
ne laissant apparaître,
que se jambes fines et effilées,
l’archet à la main, elle attend.

Que son tour vienne,
que l’orchestre s’arrête,
pour la laisser jouer en solo,
et extirper son émotion.

Au moment venu,
cachée dans l’obscurité,
ne laissant apparaître que son instrument,
elle se met à jouer.

Ses longues mais apparaissent,
et l’archet se met en mouvement,
laissant échapper
des notes graves et voluptueuses.

Sans la voir,
je l’imagine, pendant qu’elle joue,
et laisse s’envoler ses notes solitaires,
qui captive le public.

Le visage inspiré,
emprunt d’’émotions,
tandis que les cordes se trémoussent,
sous ses doigts habiles.

Dans la salle, comme les autres,
je l’écoute sans un bruit,
comme si la musique devenait magique,
et moment de recueillement.

Puis l’orchestre reprend,
l’archet se fige et la salle,
continue à s’emplir de son mélodieux.
Le concert se termine,

la chaise est maintenant vide,
je n’ai pu que l’imaginer,
aussi ravissante que les sons,
qu’elle a fait surgir

Illustration : Nath Nlk
Texte : Eric de La brume
Le 26 juillet 2019